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    Vers votre vraie Nature.

    Le cotonnier

    Par - Ségo
    14 Jun 2020 21:20

    REWIND SUR TON COTON OUATÉ MON AMI...

    Cette petite boule blanche a fait partie de mon voyage vers le Nord du Bénin en direction du Parc. Dans ta quête, je te souhaite à toi aussi de croiser les Titans, ces gigantesques camions qui descendent vers Bohicon, remplis à bloc de cette fibre mystérieuse, en en laissant échapper quelques-unes,  de leur bâche protectrice. , telle une première neige....poétique hein? 

    Qui est-t-il?

    Le cotonnier (genre Gossypium, famille des Malvaceae) serait un arbuste originaire de l'Inde, cultivé dans de nombreux pays chauds pour les fibres qui entourent les graines à maturité du fruit. Suivant les pays, la plante est plus ou moins arborescente mais c'est le cotonnier herbacé (50-60 cm) qui donne les plus belles fibres.

    Les fleurs possèdent des corolles de couleur rose puis ivoire à cinq pétales. Les fruits sont des capsules ovoïdes à quatre ou cinq loges contenant chacune de six à douze graines. Les graines sont recouvertes de longs poils unicellulaires (jusqu'à trente à quarante millimètres) d'aspect soyeux qui commencent à pousser dès la fécondation et constituent les fibres de coton formées de cellulose quasiment pure. Ces fibres sont utilisées pour la fabrication de coton hydrophile, de fil ou d'étoffe.

    source : Futura Sciences

    Cette vidéo de l'émission C'est pas sorcier m'a permis de mieux comprendre la valeur de mon dernier T-shirt ... Fred, Jamy et Sabine ont suivi la filière de l'or blanc, depuis sa récolte au Brésil jusqu'aux filatures du nord-est de la France.

    Ou peut-on l'observer?

    «L'Est du Parc de la Pendjari a un climat propice pour le coton et l'Atacora constitue la "Zone cotonnière du nord Bénin (Zone 2) à part entière.

    La spécialisation en culture de coton de cette région est un réel facteur de développement spectaculaire des communes qu’elle regroupe : Banikoara, Kérou, Kandi, Ségbana, Gogounou. Cette zone est arrosée par les mêmes affluents du fleuve Niger que la zone 1 et subit l’influence de l’Alizé continental qui s’annonce déjà dès le mois de novembre.» 

    Source : https://www.changementsclimatiques.bj/actualites/zones-agro-ecologiques-de-la-republique-du-benin.html
    Entre la Zone 4 et 2, c'est la route qui mène au Parc de la Pendjari

    De fil en aiguille...

    Le coton est la fibre naturelle la plus produite dans le Monde. Depuis le 19e siècle, il constitue, la première fibre textile du monde (près de la moitié de la consommation mondiale de fibres textiles). Je ne passerai pas sous silence le triste passé qui lui ai lié : Avec l'invention de la machine à égrener, l'industrie cotonnière se développa en Europe au XIVe siècle ; en Amérique, les premières cultures se firent en Virginie au début du XVIIe siècle, le reliant intimement au dramatique passé de l’esclavage et de l'ignoble commerce triangulaire, déracinant plus de 13 millions d'Africains et ce au profit du Capitalisme occidental.  

    Toutefois, bien avant cette tragédie, la culture du coton est historiquement et culturellement familiale au Bénin : le sarclage, semage et la cueillette se fait à la main et permet à un foyer de produire son propre fil pour ses propres besoins domestiques  (pour se vêtir) mais aussi comme culture de rente, pour le revendre et recevoir des revenus pour sa propre famille.


    «La culture du coton était à cette époque toujours associée à la culture vivrière, que ce soit en culture annuelle, où on la trouvait aux cotés du sorgho ou du maïs hâtifs sous les parcs à Acacia à proximité des villages, ou en culture pluriannuelle, où elle était mise en place, sur des champs plus éloignés mais toujours à l’abri d’un couvert arboré, avec la dernière culture du cycle agricole. Les rendements étaient très faibles - 150 kg/ka au maximum dans le premier cas, à peine 50 kg/ha dans le second -, mais le travail investi l’était aussi : le coton n’était dans tous les cas qu’une culture secondaire, qui ne demandait pas beaucoup de travail supplémentaire au paysan. La production était égrené, filée et tissée sur place : Égrenage et le filage étaient des activités    féminines, souvent de femmes âges, le tissage Était une activité masculine, souvent d’hommes de caste-griots ou forgerons. »

    Source ici-  Brève histoire de Ia culture du coton au Burkina Faso 1993-  Alfred SCHWARTZ, Sociologue


    Si comme moi, la culture artisanale du Coton te fascine, je te recommande cette magnifique revue d'ethnoécologie (rien que ce terme, j'adore...ethnoécologie!) 
    Lucie Smolderen

    Au Bénin, la culture du coton et sa filière s'est développé à une allure folle. J'ai voulu investiguer un peu, mais c'est ardu de trouver des photo de vrai champs de coton du Nord du Bénin, presque  louche mais bon, en attendant de trouver les bonnes références pour te donner les preuves confirmant le bien fondé de mon scepticisme,  ça veut dire que si tu as la chance de t'y rendre, fais moi plaisir, prends quelques cliché pour moi.

    En attendant, donc quelques liens en rafale 

    https://mopays.com/2020/02/28/le-benin-graine-de-champion-du-coton-jeune-afrique/

    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/12/05/la-production-africaine-de-coton-soumise-a-une-rude-concurrence_5392920_3212.html

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Groupe_Geocoton_Advens

    http://www.inter-reseaux.org/IMG/pdf/Fiche_AIC_francais_premiere_version.pdf


    Note à moi-méme : ce n'est pas tout de culpabiliser pour ton prochain voyage en avion et l'impact sur l'écologie, il va falloir revoir nos labels  sur le Coton ouaté....
    Bah oui, 40% de l'industrie  textile repose sur  le coton alors dans ta garde robe,  tes bas, tes jeans et ton coton ouaté, ce sont des grains de cette petite boule magique 


    Rappelons que malheureusement, la production du coton est gravement préjudiciable à notre Nature :
    Le cotonnier est sujet à de nombreuses maladies virales, bactériennes, cryptogamiques, ainsi qu'aux attaques des insectes et acariens, d'où un usage intensif de pesticides.
    Sa culture comporte l'usage d'engrais.
    L'irrigation des cultures entraîne une forte consommation d'eau pouvant ruiner toute une région comme ce fut le cas lors de l'assèchement de la mer d'Aral.

    J’arrête la.:)